vendredi 15 décembre 2017

Les dépenses de santé en baisse

Avec une dépense de 77,6 Md€ en 2016, en progression de 1,6%, l’écart à l’objectif 2016 rectifié lors de la LFSS 2017 sur les établissements de santé s’élève à environ -380 M€. Avant mobilisation des mises en réserve, les dépenses des établissements publics tarifés à l’activité ont été supérieures d’environ 150 M€ à l’objectif. La dynamique des volumes de la part tarifée à l’activité notamment sur les actes et consultations externes expliquent l’essentiel de la sur-exécution. Les dépenses des cliniques privées sont quant à elles proches de l’équilibre alors que les dépenses de soins de suite et de réadaptation et les dépenses de psychiatrie sont sous-exécutées d’environ 25 M€. L’essentiel de la sous-exécution de l’ONDAM hospitalier tient à l’emploi de différents leviers permettant de couvrir les risques de dépassement anticipés à la fin de l’année 2016. Ainsi, les mises en réserve sur les établissements de santé ont été mobilisées à hauteur de 250 M€. De plus, environ 160 M€ de crédits DAF et MIGAC ont été annulés en fin d’année dernière et le FMESPP a bénéficié d’un financement supplémentaire de 60 M€ par le Fonds pour l’emploi hospitalier réduisant d’autant le financement à la charge de l’assurance maladie. Par ailleurs, les dotations hospitalières ont été minorées de 37 M€ pour des raisons techniques tenant d’une part aux opérations de fongibilité avec le FIR (22 M€) et d’autre part à la prise en compte du financement d’une partie des dépenses par le régime complémentaire local d’Alsace-Moselle (correspondant au ticket modérateur de ses assurés, soit 15 M€, hors du champ de l’ONDAM).

mercredi 22 novembre 2017

Quand on aime le vin

Si les cours d'oenologie vous tentent, j'ai un petit conseil de derrière les fagots à vous donner en la matière. Il paraîtra sans doute évident à certains, mais je peux désormais dire par expérience qu'il n'est pas évident pour tous. Ayant participé à mon premier cours pas plus tard qu'hier, je vous invite à suivre les conseils de l'oenologue lorsqu'il vous invite à cette pratique un peu barbare : recracher le vin après chaque dégustation. Certains participants répugnent naturellement à recracher le vin. Non seulement cracher ne fait pas partie des bonnes manières, mais lorsque, en outre, on a payé pour déguster des vins, pourquoi faudrait-il alors les recracher ? C'est avec cette logique en tête que j'ai avalé un peu de chaque vin goûté, tout en en recrachant la plus grande partie pour faire croire que je suivais les instructions. Le compromis me semblait pertinent, sur le moment : j'affichais ainsi un comportement « professionnel », tout en appréciant une légère sensation d'euphorie. Au final, comme vous vous en doutez certainement : c'était une mauvaise idée. J'ai rapidement compris que l'analyse d'un vin devient de plus en plus difficile quand on a bu les précédents. Non seulement les saveurs finissent par se confondre, mais surtout : les effets de l'alcool ont tendance à obscurcir le jugement ! Les professionnels ont depuis longtemps découvert que s'ils avalaient chaque gorgée de vin qu'ils dégustaient, ils ne seraient rapidement plus en état de travailler. Recracher est donc une nécessité pour tout oenologue. D'autre part, il m'est apparu clair au final qu'il n'est pas vraiment nécessaire d'avaler pour pouvoir goûter pleinement un vin : en laissant le vin dans sa bouche pendant huit à dix secondes, vous pouvez l'analyser entièrement... et ce, sans avoir à vous soucier des effets de l'alcool. Mon entêtement dans le domaine a rendu assez difficile l'analyse des derniers vins, et un début de mal de tête à la fin de cette séance de dégustation. Je me console tout de même en pensant que je n'étais apparemment pas le seul à avoir eu du mal à recracher : certains autres participants avaient une tête un peu semblable à la mienne à la sortie, et ne semblaient plus aussi frais qu'au début de la séance. Pour en savoir plus, allez sur le site organisateur de ce cours d’œnologie.

mardi 21 novembre 2017

Complexité biologique et déterminisme génétique

À l'heure où le développement de la biologie commençait à vouloir rompre avec le réductionnisme moléculaire, et nous faire aborder la complexité biologique, le CCNE mettait en garde : « Le mythe du gène support du programme de la vie est tel que cela conduit à l’illusion qu’une connaissance parfaite du génome d’un individu donnerait accès à la réalité et au destin d’une personne. C’est cette image à laquelle renvoie une métaphore comme celle du « grand livre de la vie », dont il suffirait de connaître l’alphabet et la syntaxe génétique pour parvenir à l’essence de l’être. Or une telle conception est scientifiquement inacceptable et éthiquement dangereuse ». Pourtant, les prouesses techniques en matière de tests génétiques, génératrices d’une illusion de simplicité, et utilisant un langage fait de codes et de prédispositions, semblent nous entraîner du réductionnisme à un certain déterminisme, comme si nos gènes « faisaient tout » et nous affranchissaient, s’affranchissaient des relations que nous entretenons avec notre environnement, notre éducation, toute cette histoire qui fait de nous des humains. Le génome ne fixe pas notre destin, et la connaissance du génome ne nous est pas encore d’une grande utilité dans la prise en charge des maladies complexes et multifactorielles qui forment l’essentiel de la charge de santé publique dans une population vieillissante. La complexité biologique ne peut, pas plus que d’un déterminisme génétique, s’accommoder de l’idée qu’un génome standard serait définissable. Imaginer qu’il existerait un « génome normal », figé en quelque sorte lors de l’évolution de l’humain par rapport aux primates non humains, et qu’il conviendrait de préserver, est une illusion. Parler de gènes normaux et de gènes mutés est une aberration, puisque tous nos gènes, produits de cette évolution, sont, par définition, des gènes mutés. Il existe des mutations rares ou fréquentes, on parle plutôt de variants dont certains provoquent des maladies et d’autres pas.

lundi 16 octobre 2017

Zen dans les airs

Je suis zen. La semaine dernière, j'ai fait une séance de voltige aérienne dans le ciel de Albon. Et depuis, je suis nettement plus détendu. Quand je suis dans les bouchons, il me suffit de lever les yeux vers le ciel pour me souvenir des sensations que j'ai eues là-haut. Et je crois que toutes les activités un peu folles qu'on fait servent à ça, au fond : à se souvenir. A se rendre compte que d'être dans les bouchons, ce n'est pas si terrible : c'est un endroit comme un autre où vivre, après tout. Et cette prise de conscience est salutaire, surtout à une époque où il y a trop de monde partout, et les incivilités qui vont avec. Ça permet de ne pas s'égosiller inutilement contre les conducteurs qui doublent pour gagner cinq mètres, quitte à risquer un accident. Tout énervement est de toute façon inutile puisque d'une part, l'on n'a aucun moyen de réprimer le comportement du chauffard en question ; et d'autre part, même si on y parvenait, il y en aurait mille autres derrière pour faire la même chose. Du coup, il y a deux façons de vivre tous ces moments : en stressant ; ou en laissant couler. Et soyez sûrs d'une chose : mieux vaut être à votre place qu'à la place de l'autre. Croyez-bien que celui qui est prêt à grapiller deux mètres n'est pas détendu. Ça me fait penser à une étude sur les rats, qui montrait que les rats dominants mouraient plus tôt que les autres : ils étaient servis par les autres mais étaient en état de stress permanent de perdre leur place de mâle alpha. Alors si je n'avais qu'un conseil, ce serait celui-ci : laissez donc ces gens-là vivre leur vie de stress et profitez du moment. Que vous soyez dans les bouchons ou dans une file d'attente, qu'importe ? Est-ce qu'on n'est pas bien, là, à profiter du temps présent ? Et si vous souhaitez vivre un de ces moments étranges qui laisse un souvenir impérissable, je vous recommande chaudement la voltige aérienne : les sensations qu'on a là-haut sont tout simplement époustouflantes ! Tenez, je vous mets en lien le site par lequel je suis passé. Encore plus d'information sur ce ce baptême de voltige aérienne à Albon en surfant sur le site internet de l'organisateur.


mercredi 11 octobre 2017

L’identité des « groupes de pairs »

L’identité de certaines fractions des jeunes des quartiers populaires se construit par rapport aux « pairs ». De quel mode de regroupement s’agit-il ? Le phénomène des « bandes » tel qu’il existait dans les années 1960-1970 n’est plus tout à fait d’actualité. Les jeunes des quartiers font aujourd’hui l’expérience de la précarité. Dans ce contexte d’instabilité, la formation de bandes structurées n’est plus à l’ordre du jour. Les regroupements des jeunes sont la plupart du temps éphémères et fluides. Ils se font et se défont. Ce sont des groupes informels, des bandes de copains, ayant le plus souvent des trajectoires similaires concernant les difficultés scolaires. On constate en effet que le capital scolaire détenu est déterminant dans la distribution des « jeunes des cités » par rapport aux espaces des styles de vie « conformes » et « déviants » (Mauger et Ikachamene, 2003). La disqualification scolaire, en générant un sentiment d’indignité particulièrement fort, accroît les probabilités de rechercher des formes de reconnaissance alternatives, notamment auprès du groupe de pairs. Le groupe rassemble de la sorte ceux qui partagent les mêmes stigmates sociaux, culturels ou professionnels, et protège des rappels à l’ordre des diverses institutions (école, missions locales, etc.), des autres adolescents (ceux qui ont un travail, ou qui réussissent scolairement) ou des jeunes filles (que la scolarisation prolongée rend plus sensibles à la séduction qu’exerce la détention de capital culturel et/ou de capital économique). S’y bricole une identité faite de valeurs et de normes communes (musicales, vestimentaires, linguistiques, culturelles) qui valorise les solidarités locales (plus que communautaires) autour du quartier, voire même de la cage d’escalier. Ces sociabilités mouvantes sont celles de la « glande » (« tenir les murs »), de l’ennui (omniprésent dans les chansons de rap), des anecdotes cent fois racontées, déformées et amplifiées, des rumeurs, mais aussi celui d’une conscience de l’injustice nourrie par le racisme, les contrôles policiers à répétition, l’humiliation des pères. Elles sont également celles d’un monde de la débrouille quotidienne, fait de contrats d’intérim (essentiellement dans les secteurs du bâtiment, de la manutention et de la sécurité), de travail au noir et de « bizness » (terme suffisamment flou pour caractériser un ensemble d’actions qui vont de l’échange non marchand de biens contre services au recel ou au petit deal ), qui leur interdit toute rationalisation des conduites en référence à une fin future et les enferme dans la fascination de l’immédiat.

mercredi 9 août 2017

Comprendre le SMSI

Le SMSI a pour but de maintenir et d’améliorer la position de l’organisme qui le met en oeuvre du point de vue, selon les cas, de la compétitivité, de la profitabilité, de la conformité aux lois et aux règlements, et de l’image de marque. Pour cela il doit contribuer à protéger les actifs (assets) de l’organisme, définis au sens large comme tout ce qui compte pour lui. Pour déterminer les mesures de sécurité dont la phase Plan devra fournir une énumération, la norme IS 27001 s’appuie sur le catalogue de mesures et de bonnes pratiques proposé par la norme IS 27002 (ex-17799), « International Security Standard » [80], plus volumineuse et au contenu plus technique. Afin de mieux en parler, le SMSI est accompagné d’une norme qui en définit le vocabulaire : IS 27000. IS 27001 impose une analyse des risques, mais ne propose aucune méthode pour la réaliser : l’auteur du SMSI est libre de choisir la méthode qui lui convient, à condition qu’elle soit documentée et qu’elle garantisse que les évaluations réalisées avec son aide produisent des résultats comparables et reproductibles. Un risque peut être accepté, transféré à un tiers (assurance, prestataire), ou réduit à un niveau accepté. Le corpus ISO propose néanmoins sa méthode d’analyse : IS 27005. Un autre exemple de méthode d’analyse de risque utilisable dans le cadre d’IS 27001 est la méthode EBIOS® (Expression des Besoins et Identification des Objectifs de Sécurité) 7, qui « permet d’apprécier et de traiter les risques relatifs à la sécurité des systèmes d’information (SSI). Elle permet aussi de communiquer à leur sujet au sein de l’organisme et vis-à-vis de ses partenaires afin de contribuer au processus de gestion des risques SSI. » Élaboration et mise en place du SMSI La norme IS 27001 précise la démarche qui doit être suivie pour élaborer et mettre en place le SMSI : sans entrer trop dans les détails, ce qui risquerait d’enfreindre les droits des organismes de normalisation qui vendent fort cher les textes des normes, disons que l’organisme désireux de se voir certifier. Retrouvez plus de renseignements sur l'Agence SEO 59.

mercredi 21 juin 2017

Turquie : procès de la presse

 Un tribunal d'Istanbul a commencé à juger lundi plusieurs journalistes turcs de renom accusés de complicité avec le putsch manqué de juillet 2016, une affaire qui renforce l'inquiétude des défenseurs de la liberté de la presse. Au total, 17 personnes, dont plusieurs journalistes, parmi lesquels les frères Ahmet et Mehmet Altan et la chroniqueuse Nazli Ilicak, risquent la prison à perpétuité. Elles sont accusées notamment d'avoir «tenté de renverser le gouvernement», ainsi que «l'ordre constitutionnel». Au terme d'une première audience consacrée à la lecture de l'acte d'accusation et au début de l'audition des accusés, le procès a été ajourné à mardi, a constaté une journaliste de l'AFP. Mme Ilicak, journaliste-écrivain qui a travaillé jusqu'en 2013 pour le grand quotidien pro-gouvernemental Sabah, avait été la première personnalité des médias de premier plan arrêtée après le coup d'État manqué. Elle est en détention depuis fin juillet. «Je souffre énormément d'être confrontée à de telles accusations», a-t-elle déclaré au tribunal. «J'ai plus de 70 ans et je n'ai jamais eu de ma vie aucun lien avec un groupe religieux, encore moins un groupe terroristeé, a-t-elle dit. Ahmet Altan est un romancier et journaliste qui a travaillé pour les grands quotidiens Hürriyet et Milliyet, et a fondé le journal d'opposition Taraf. Son frère, Mehmet Altan, est un écrivain qui a rédigé plusieurs ouvrages sur la politique. Les trois journalistes sont notamment accusés d'avoir fait l'apologie de la tentative de coup d'Etat à venir lors d'une émission diffusée la veille du coup de force sur une chaîne de télévision locale pro-Gülen, Can Erzincan. «Avec ce procès, de nouveaux sommets ont été atteints dans l'absurdité croissante des accusations portées contre les journalistes», a dénoncé l'ONG Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué. C'est la première fois que des journalistes sont jugés dans le cadre des poursuites judiciaires engagées après le putsch raté du 15 juillet. Ankara accuse Fethullah Gülen, un prédicateur musulman qui réside aux États-Unis depuis 1999, d'avoir orchestré la rébellion avortée qui a fait 290 morts, dont 190 civils et 100 putschistes, et plus de 2.000 blessés. Les autorités turques demandent avec insistance à Washington d'extrader M. Gülen. Ce dernier a démenti toute implication. Les purges d'ampleur se déroulent depuis lors dans le pays, avec plus de 113.000 arrestations et 100.000 personnes limogées au sein de l'armée, de la fonction publique et du secteur privé.